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Articles, coups de gueule, anciennes critiques.

La répétition comme économie de moyen

par le 15 avril 2009 dans Editoriaux

[L’histoire se rĂ©pète, il paraĂ®t. Du coup, Ă  quoi bon se dĂ©penser inutilement? Si l’histoire et le politique prĂ´nent le recyclage, autant leur emboĂ®ter le pas. J’ai Ă©crit et publiĂ© ce papier en mars 1994. Berlusconi et sa clique venait d’obtenir leur premier ticket gagnant de l’Ă©lecteur italien. La rĂ©pĂ©tition comme Ă©conomie de moyen ? Je suis convaincu qu’on en rira beaucoup un jour, mais lĂ  c’est peut-ĂŞtre indĂ©cent encore : c’est peut-ĂŞtre toujours le moment d’en pleurer.]

UN MUR DE HONTE ENTRE LA RAGE ET L’HISTOIRE.

La crise, le chĂ´mage favorisent les chimères populistes. En Italie, cet Ă©tĂ©, Silvio Berlusconi exulte, parade, promet un million d’emplois aux chĂ´meurs. Comment ne pas penser que si les communistes recyclĂ©s d’Achille Oc­chetto avaient eu le mĂŞme culot, le mĂŞme bagout dĂ©magogique, ils seraient au pouvoir aujourd’hui? La gauche italienne a toujours les mĂŞmes complexes, les mĂŞmes problèmes de langage, les mĂŞmes scrupules de petits universitaires frileux. Bien sĂ»r qu’il n’existe pas un million d’emplois nouveaux Ă  crĂ©er en Italie. Il n’Ă©tait pas besoin de mettre une demi-douzaine d’Ă©conomistes au travail pour Ă©vacuer ce fantasme.

­Berlusconi vole, pĂ©tille, gonfle comme une bulle de savon, mais qui n’Ă©clate pas. L’opinion publique avait besoin de visages, de gestes, de mots d’ordre nouveaux. Aux rĂ©centes communales de dĂ©cembre, elle portait au pouvoir les hommes et les idĂ©es les plus rĂ©solument progressistes. Paradoxalement, c’est le mĂŞme processus qui distingue quelques mois plus tard la coalition ultralibĂ©rale de Berlusconi. Après dĂ©cembre, la gauche, suspendue au triomphalisme et au rituel, s’est rĂ©vĂ©lĂ©e incapable de poursuivre la cassure qu’elle avait entamĂ©e avec le passĂ©.  « Au lieu de chercher la confrontation directe avec l’adversaire, explique un de ses partisans, elle s’est contentĂ©e de privilĂ©gier partout les alliances les plus sĂ»res, donnant une image absolument traditionnelle de son propre comportement. »[1]

La pratique de l’opposition corrode aussi sĂ»rement que la pratique du pouvoir. La toute nouvelle union des progressistes s’imaginait sans doute que l’opinion publique aurait Ă  choisir une fois de plus entre ces deux pĂ´les : les mauvais corrompus de droite et les bons nickels de l’Ă©ternelle opposition de gauche. La droite extrĂŞme a gagnĂ© les Ă©lections sur quelques promesses en plus et beaucoup de rĂŞves. Depuis que les progressistes d’hier sont devenus conservateurs, on ne s’Ă©tonnera pas que la droite se fasse fournisseur de rĂŞve.

Ă€ bien des Ă©gards, ce nouveau pouvoir italien ne diffère pas sensiblement des prĂ©cĂ©dents. Il s’agit encore d’une coalition de droite, d’une rĂ©action des Ă©lĂ©ments les plus radicaux de ce qui reste de la droite classique contre ce qui reste de la gauche. Berlusconi a pris le vent et a dressĂ© son Ă©tendard. On trouve Ă  ses cĂ´tĂ©s quelques forces neuves et quelques recyclĂ©s de l’ancien rĂ©gime. Pour le reste, c’est la mĂŞme coalition hybride de partis, les mĂŞmes petits Ă©changes mesquins, les mĂŞmes chicanes, les mĂŞmes coups de bluff postĂ©lectoraux.

Il faut donner son sens rĂ©el Ă  l’idĂ©e d’une victoire de l’extrĂŞme droite. Cette victoire est celle de Berlusconi, des capacitĂ©s de compromis, de baratin et d’opportunisme du seul Berlusconi. Comment parler de victoire fasciste, alors que ce parti, vieux comme le dĂ©barquement alliĂ© Ă  Anzio, n’atteint finalement le pouvoir que dans l’orbite d’un mouvement qui n’existait mĂŞme pas il y a six mois? L’Alliance Nationale est l’Ă©lĂ©ment le plus rĂ©actionnaire, mais aussi le plus bureaucratique, le moins moderne et le moins dynamique de cette coalition. Berlusconi, en se liant Ă  elle, a simplement franchi le pas que rĂŞvent probablement de franchir tous les dĂ©magogues de droite, crĂ©ant ainsi le prĂ©cĂ©dent le plus mesquin et le plus dangereux depuis les plĂ©biscites d’Hitler et Mussolini.

Une des grandes nouveautĂ©s de ce nouveau pouvoir est la prĂ©sence au ministère de l’intĂ©rieur d’un homme de la Lega Nord d’Umberto Bossi, favorable aux thèses les plus extrĂ©mistes des lubies sĂ©paratistes de son parti. Un rĂ©cent congrès de la Ligue dĂ©finissait l’Italie nouvelle selon trois grandes zones – baptisĂ©es pompeusement « rĂ©publiques » – et quelques rĂ©gions autonomes. La nouvelle Union italienne, rĂ©cite le texte du congrès, sera une libre association de la RĂ©publique padane, de la RĂ©publique Ă©trusque et de la RĂ©publique du Sud[2]. Ă€ quand les rĂ©publiques romaine, vĂ©nète, samnite ou carthaginoise?

Une autre innovation, c’est l’arrivĂ©e au pouvoir d’une entreprise privĂ©e, celle de Berlusconi, qui non contente de bombarder prĂ©sident du conseil son chef incontestĂ©, place le propre avocat des intĂ©rĂŞts de celui-ci Ă  la DĂ©fense, les protestations les plus violentes s’Ă©tant levĂ©es lorsqu’il s’Ă©tait agi de lui donner la Justice! Di Pietro, le juge des affaires italiennes, a eu le bon goĂ»t quant Ă  lui de refuser la proposition qui lui Ă©tait faite de rejoindre l’Ă©quipe. Il est clair qu’on aura besoin de lui ailleurs.

Voici ce qui fait peur ou devrait faire peur aux Italiens. Ă€ prĂ©sent ce qui traumatise l’Europe : le retour au pouvoir d’un parti qui dĂ©coule directement du fascisme mussolinien, ou plus exactement du fascisme rĂ©publicain de la rĂ©publique de Salo. C’est l’Ă©poque oĂą le Duce, fraĂ®chement libĂ©rĂ© par les commandos nazis de Skor­zeny, paradait en bicyclette et lunettes noires sur le bord du lac de Garde. Quelques mois plus tard, on le passait par les armes avec sa maĂ®tresse et quelques fidèles. C’Ă©tait un homme usĂ©, meurtri, trahi par le pouvoir. Son fils et de nombreux rescapĂ©s avaient repris le flambeau et misaient dĂ©jĂ  sur des jours meilleurs.

Au soir des Ă©lections, Gianfranco Fini, leader b.c.b.g. de l’Alliance Nationale, faisait par Ă©crit cette dĂ©claration Ă©difiante : « Avec l’entrĂ©e de l’Alliance Nationale au gouvernement, l’Italie est enfin une dĂ©mocratie europĂ©enne et occidentale dont la lĂ©gitimitĂ© est issue exclusivement d’un libre choix du peuple souverain et non plus des partis. »[3] Ă€ lire entre les lignes : cessez de nous traiter de fascistes. Nous les avons emportĂ©es ces Ă©lections. Nous avons jouĂ© le jeu dĂ©mocratique. Mussolini, Hitler Ă©galement avaient emportĂ© les Ă©lections. La lassitude, la rĂ©bellion, l’exaspĂ©ration ou la sonnerie d’un peuple ne blanchit pas les partis que celui-ci porte au pouvoir.

L’Alliance tâche dĂ©sespĂ©rĂ©ment de faire l’Ă©conomie de son passĂ© et de son folklore. Tandis que la petite fille du Duce promène ses gambettes new-look dans la boue napolitaine, un des pontes du parti, nouvellement vice-prĂ©sident du conseil et ministre des postes, explique aux journalistes que les saluts romains, les chemises noires Ă©taient simplement une rĂ©action Ă  la dis­cri­mina­tion dont Ă©taient victimes ses malheureux militants. Ils ne servent plus, dit-il, Ă  prĂ©sent que nous avons retrouvĂ© la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir. « Il existe bien encore quelques bustes du Duce ici et lĂ , mais maintenant que le parti est redevenu force de gouvernement, les rites et les fĂ©tiches disparaĂ®tront. »[4]

Au-delĂ  de cette profession de foi lĂ©gitimiste, il n’en reste pas moins que le parti de Gianfranco Fini conserve de l’idĂ©ologie fasciste quelque chose qui dĂ©passe de beaucoup le dĂ©corum et les stĂ©rĂ©otypes. Le problème n’est pas que Fini dĂ©clare tout haut ce que beaucoup d’Italiens déçus par l’inefficacitĂ© et la corruption des partis nĂ©s de l’après-guerre, pensent tout bas, Ă  savoir que Mussolini est l’homme politique le plus important de ce siècle. Le problème, c’est qu’il a fait depuis longtemps de ce qui ne devrait ĂŞtre qu’une boutade imbĂ©cile, un mauvais mot ou une provocation prĂ©Ă©lectorale un système de gouvernement.

Depuis la chute de l’Empire d’Occident, l’histoire montre que l’on sous-estime trop souvent les Ă©vĂ©nements en Italie. Mussolini, aux yeux du monde, passait pour un bouffon, une caricature de dictateur. Il faut lire entre les lignes des manuels pour soupçonner qu’un homme au moins l’admirait et le prenait au sĂ©rieux. Cet homme Ă©tait Adolf Hitler. Mussolini avait donnĂ© au fascisme un nom, une doctrine et une situation historique. Hitler et sa clique allaient lui donner un contenu, des moyens militaires et des victimes par millions.

Évidemment, et mĂŞme si l’on excepte la situation de crise, la fuite des idĂ©aux, les grands engouements nationalistes, cette fin de siècle n’est pas totalement comparable Ă  son dĂ©but. L’histoire ne se rĂ©pète pas absolument. Les temps changent. Les visages, les mentalitĂ©s, les causes et les idĂ©aux se modifient autour de toi. Seuls les hommes ne changent pas.

Je suis italien. Aujourd’hui plus que jamais. Plus que lorsque nous n’Ă©tions qu’une poignĂ©e d’Ă©migrĂ©s Ă  nous dĂ©fendre des railleries, des coups de gueule et des coups de botte de nos voisins ou de nos condisciples de classe. Plus que lorsque nous avons Ă©reintĂ© l’Argentine au Mondial. Plus que lorsque nous entendions parler de Leonardo da Vinci, de Michelangelo, de Giuseppe Verdi, de Fellini, d’Enzo Ferrari ou de Fausto Coppi. Je suis italien parce que Mussolini, Al Capone, Pie XII et Berlusconi sont italiens et qu’il n’y a pas de raison de leur laisser ça Ă  eux seuls.

Marco CARBOCCI © avril 1994.


([1]) Vittorio Foa, Corriere della Sera, 2 avril 1994.

([2]) La Repubblica, 10 avril 1994.

([3]) Gianfranco Fini, La Repubblica, 11 mai 1994.

([4]) Giuseppe Tatarella, La Repubblica, 11 mai 1994.

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Extinction – Thomas Bernhard

par le 15 avril 2009 dans Critiques littéraires

Extinction

Extinction

Il y a des livres qu’il faut avoir lus ou qu’on regrette de n’avoir pas lus Ă  l’adolescence. Il y en a d’autres qui exigent plus de maturitĂ© : qui se dĂ©gustent et qui bousculent et qui cognent. « Extinction » m’aurait paralysĂ©, ravagĂ©, rĂ©duit Ă  la plus totale inertie si je l’avais lu trop tĂ´t. Au pire, il me serait tombĂ© des mains. Mais, dans tous les cas, j’aurais manquĂ© quelque chose d’essentiel : ça se passe sur le plan des Ă©motions les plus acĂ©rĂ©es, ça emballe ou ça casse comme un roulement de caisse claire. Et dans tous les cas, il n’y a aucun survivant.

ExtinctionThomas Bernhard, Gallimard, 409 p.

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Construire un feu, Jack London

par le 15 avril 2009 dans Critiques littéraires

Jack London

Jack London

Un homme et un chien

Un homme et un chien. On ne voyage pas seul sur le Yukon, par mois quarante degrés sous zéro. L’homme avance vite. C’est une matinée blanche et sans vent et qui semble charrier plus de rancœur et d’inquiétude que toute une vie d’homme. Mais l’homme est tranquille. Ce soir, il rejoindra les gars à la mine. Et il aura un repas chaud et il y aura du feu. Le chien aussi attend le feu.

Le chien sait qu’on ne voyage pas du tout par moins quarante degrés sous zéro. On se roule en boule dans la neige et on attend des journées plus clémentes. Ou alors, on suit l’homme, pourvoyeur de feu. Le chien a appris le feu. C’est pour ça qu’il supporte l’homme. Qu’il le suit. Qu’il accepte ses coups, ses mots comme des coups de fouet. Mais l’homme continue d’avancer dans la neige, négligeant le feu. L’homme se croit plus fort que la neige, plus fort que le froid. Et le chien comprend que cet homme-là est ignorant. Il comprend peut-être qu’il mourra.

Au départ, il s’agissait d’un conte pour enfants. Insatisfait de la manière, Jack London reprendra l’argument du conte pour en faire cette longue nouvelle tragique. Faire un feu, lorsque le froid t’engourdit les doigts, te glace le sang en quelques secondes, est une opération périlleuse. C’est une opération vitale pourtant si, par accident, n’importe quelle partie de ton corps a touché l’eau glacée qui se cache sous la neige. Et tu n’as qu’une seule chance. Si le feu s’éteint, le froid te prendra tout le corps, t’enfermera les membres et le cœur et la tête comme dans un manteau trop étroit. Et tu t’endormiras pour toujours dans le grand désert blanc.

Avec « Construire un feu », Jack London touche à l’épique avec la justesse et la sobriété d’un ascète. Un style court pour une histoire courte, mais qui contient toute la vanité et toute la vie d’un homme. C’est déjà cette économie de moyens et de paroles à laquelle un Hemingway bientôt donnera ses lettres de noblesse. Répétitions, martèlements de mêmes mots, de mêmes gestes, martèlements montrant la fragilité, l’inutile.

Les séquences de « Construire un feu » sont autant de sensations précises et douloureuses. Ça te picote d’abord l’extrémité des doigts, ça remonte dans tes poignets, tes coudes, tes épaules. Ça investit ton ventre et ton crâne. Ça tourne longuement et ça agite et ça se loge dans ton crâne. Et ça finit par te maîtriser totalement.

Marco Carbocci

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Une critique choisie de « Sur les Ă©paules du fleuve »

par le 9 mai 2008 dans Presse sur Marco

Le chemin des collines

par Laurence Vanpaeschen

Le Carnet et les Instants n° 143

Sur les Ă©paules du fleuve

Sur les Ă©paules du fleuve

Les histoires des hommes, celles de leur sueur, de leurs larmes et de leurs rires, celles qu’ils ont vĂ©cues et celles qu’ils ont inventĂ©es pour grandir ou se protĂ©ger, sont le terreau sans lequel aucun ĂŞtre humain ne peut exister. «Ce sont nos racines. Un homme sans racines n’est pas un homme!» La mĂ©moire du peuple Ă©trusque qui bruisse encore dans la nĂ©cropole de cette colline toscane, et l’histoire de ce vieux obligĂ© de quitter le village encore enfant avec son père pour Ă©viter la famine aux siens, sont les racines de Marco Carbocci. Les mĂŞmes luttes, les mĂŞmes rĂ©sistances contre la misère, les saisons, les envahisseurs ou les fascistes. C’est cela qu’il raconte dans la nouvelle qui ouvre son recueil Sur les Ă©paules du fleuve, celle oĂą il converse toute une nuit avec son grand-père, environnĂ©s de ce «quelque chose de secret qui appartenait seulement au maquis et Ă  la vie dans les collines», avec ce grand-père mort depuis quarante ans.

C’est cela aussi qu’il dit dans le second rĂ©cit, celui des dix-huit ans, oĂą il se plonge pendant des mois dans le maquis toscan de ses origines, presque seul, loin de la grande ville grise oĂą son père s’est exilĂ© et oĂą il est nĂ©, oĂą les Italiens ne font plus qu’ĂŞtre vieux, tirent leurs huit heures Ă  la CommunautĂ© EuropĂ©enne ou derrière le comptoir de leur Ă©picerie, loin des amis d’enfance «à qui tu n’as rien de solide Ă  avouer sur toi-mĂŞme», loin d’un monde d’insatisfaction des autres et de soi, un monde avec lequel il ne concevait plus de rapport «qu’en termes d’insolence ou de repli sur moi-mĂŞme»…:
Il apprendra peu Ă  peu la vie du maquis, qui semble tantĂ´t agitĂ© d’ĂŞtres «formidables et secrets», de mythes «d’au-delĂ  de la vie», tantĂ´t un bout du monde abandonnĂ©, oĂą le temps ne s’Ă©coule pas, une vie inerte qui le renvoie Ă  «l’inertie de sa propre existence». Puis il en dĂ©couvre les habitants et leurs histoires, qui se confondent avec «l’histoire de la terre rouge de Toscane et de la poussière et du vent et des orages».

La rencontre avec la vieille Afrosina, dont le visage semble raconter «une histoire très ancienne et secrète» va peupler ces collines oĂą il se croyait seul. Il va les arpenter et en apprendre chaque taillis avec Renzo et les autres, passer des soirĂ©es Ă  descendre des pizzas, Ă  parler de Pavese ou de la guerre fasciste, Ă  Ă©couter parler de ceux qui sont morts après une vie de lutte contre la rocaille… De ces gens dont il lui semblera qu’il les connaĂ®t depuis toujours. «C’Ă©tait toujours la mĂŞme vie et la mĂŞme histoire et c’Ă©tait en train de devenir aussi mon histoire». Et dont il apprendra aussi que cette histoire, il s’agit avant tout de l’ancrer en soi, et que mĂŞme dans la brume de Bruxelles, on peut suivre le chemin des collines, celui «qui ne s’arrĂŞte qu’au bout du monde».

On voudrait pouvoir lire plus souvent Marco Carbocci, lui qui sait dire des choses justes et belles dans une langue sans fioritures, une langue qui donne Ă  toucher, Ă  sentir, Ă  entendre. Une langue qui ressemble Ă  ce maquis qui est en lui. On l’attend donc.

Laurence Vanpaeschen

EXTRAIT DU LIVRE ICI

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25 Aprile 1945 : Ieri, oggi e sempre (Hier, aujourd’hui et toujours)

par le 25 avril 2008 dans Actualité

25 Aprile 1945

25 Aprile 1945

Le 25 avril 1945, les partisans italiens prenaient le contrĂ´le des grandes villes du Nord italien, chassant les Allemands du pays, imposant un terme Ă  23 annĂ©es de dictature mussolinienne. Cette date est dĂ©sormais cĂ©lĂ©brĂ©e en Italie Ă  l’instar d’une fĂŞte nationale. Aujourd’hui, le prĂ©sident du conseil et les piètres penseurs qui sĂ©vissent dans son entourage entendent remettre en cause cette cĂ©lĂ©bration. « Je ne suis jamais allĂ©, ni n’aurais jamais pu aller aux cĂ©lĂ©brations publiques du 25 avril parce que cette date marque un travestissement de la rĂ©alitĂ© historique », dĂ©clarait rĂ©cemment un certain Silvio Berlusconi, chef de bande des rĂ©visionnistes (dĂ©pĂŞche ANSA). Et hier encore : « Berlusconi ne participera Ă  aucune cĂ©rĂ©monie publique pour la LibĂ©ration. MĂŞme si le prĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂŞme l’y invitait. » (La REPUBBLICA, 24/04 2008).

D’accord ! Aucun souci, Silvio ! Ne viens pas ! D’ailleurs qui a envie de te voir ? Qui a envie de partager cette journĂ©e avec le responsable du retour des fascistes au pouvoir ? La rigueur, la conscience ne se marchandent pas. Tiens ! Deal ? Sois cohĂ©rent pour une fois : essaie de supprimer les commĂ©morations du 25 avril, qu’on voit si la RĂ©sistance est rĂ©ellement un « travestissement historique ».

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Ieri Oggi e sempre antifascista ! (vandalisme skinhead Ă  Salerno)

par le 16 juin 2007 dans Actualité

Dans la nuit du 12 au 13 juin 2007, le Centre Social Autonome ASILO POLITICO de Salerno a été vandalisé, saccagé, puis incendié par les fascistes.

Tu vas me dire : Salerno, c’est où, puis c’est quoi un centre social autonome?

T’inquiète ! Ici – comme le plus souvent sur ce rĂ©seau – il ne sera question bien sĂ»r que d’art, d’expĂ©rimentation graphique, de raffinement esthĂ©tique. Voici en effet une superbe opportunitĂ© de contempler l’art “skinhead” dans toute sa primitive Ă©lĂ©gance. OĂą l’on rĂ©alise encore une fois que certaines pratiques sont en elles-mĂŞmes leur propre exĂ©gèse.

Centre social autonome de Salermo, Asilo Politico, vandalisé le 12 juin 2007

Centre social autonome de Salermo, Asilo Politico, vandalisé le 12 juin 2007

La rĂ©sistance, c’est avant tout le refus d’avoir peur.

Partageons nos dégoûts, mais affirmons d’abord qu’il est temps de cesser d’avoir peur. Ces gens-là se sont alimentés trop longtemps de nos peurs. Relevons les yeux et gueulons-leur qu’ils ne nous font plus peur. Qu’ils n’ébranleront rien de nos envies, de nos rêves ou de nos certitudes. Qu’ils ne sont rien : un hoquet, une rature, une chiure de l’histoire. Que nous ne leur laisserons rien de plus qu’une petite place infâme dans nos livres d’histoires. Et que même là, dans la poussière des pages écornées, ils ne provoqueront en nous que nausée, honte et haussements d’épaule.

IERI OGGI E SEMPRE ANTIFASCISTA !

Marco Carbocci, 16 juin 2007

Appel et infos complémentaires (en Italien) sur la page myspace de Z.A.T.

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