; charset=UTF-8" /> Une autre critique récente de "Sur les épaules du fleuve" | Marco Carbocci

Sur les épaules du fleuve

par Stéphane Esserbé

lenonsens.com n° 77 du 08/03/09

Deux nouvelles sont au menu de ce recueil qui aurait fort gagné à n’en contenir qu’une, assez longue en tout cas pour être publiée seule…

En effet, si le premier texte du recueil est séduisant, c’est surtout le second, nouvelle titre, qui retient l’attention. Par son format, son ton, son style et sa beauté, il élude le premier. Plus long, il ressemble à un court roman et transporte le lecteur dans la Toscane de la fin des années 70. Un jeune homme, recherché par la police car il ne s’est pas présenté à son service militaire, se cache dans le maquis dont il s’éprend du grand silence et des gens singuliers qui y habitent. En 70 pages, c’est un univers retiré, poétique et sauvage que le héros découvre, loin de l’agitation habituellement dévolue à la jeunesse.

On apprécie le style de ce texte, son rythme lent et l’atmosphère nostalgique qui le pénètre. Les choses simples y sont les plus importantes : « … je me sentais attaché au présent : à l’inertie de cette vie dans les collines et à l’inertie de ma propre existence. » Les seuls mouvements décelés sont en effet ceux de la nature. Et le héros comprend peu à peu que ce sont les seuls qui valent vraiment. C’est d’ailleurs le propos du livre, dans une histoire qui semble ne pas avoir de trame. Le silence, la paix de la nature sauvage de laquelle on ne devrait jamais d’éloigner au risque de se corrompre au cœur de l’agitation du monde des hommes. Le narrateur, le récit est écrit à la première personne du singulier, bien qu’il doive quitter le maquis en fin de récit, le sait, et en gardera à jamais un souvenir ineffable. Sans trop savoir ce qu’il cherche, sans bien non plus savoir ce qu’il fuit, il sait qu’il a tout à perdre à quitter ce paradis. Il le devra pourtant, sans toujours réellement savoir pourquoi. Il le fera mais en gardant intacts en lui le rythme et les silences de cette vie autre. « J’ai levé la main à mon tour et lui ai montré la direction du sentier dans les collines. Si tu peux imaginer un chemin aussi droit et long et beau et difficile, dis-toi que c’est exactement là que je suis. » conclut-il à la fin de ce texte très poétique.

Stéphane Esserbé

le 11 mai 2009 | rubrique Presse sur Marco | Commentaires fermés sur Une autre critique récente de « Sur les épaules du fleuve »

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